La lutte contre la cybercriminalité et la sécurité des espaces numériques passe par une mobilisation internationale, ont souligné, hier, les intervenants au 4e Forum sur la cybercriminalité ( FIC 2010), qui se tient à Lille.
Lors de la première journée du Forum sur la cybercriminalité, qui s’achève aujourd’hui, l’évidence d’une coopération renforcée s’est imposée, le cybercrime ne connaissant pas de frontières. << Il faut abolir les frontières entre les différents échelons de traitement des phénomènes liés à la cybercriminalité, qu’il soit international ou national>>, a relevé le général de la Gendarmerie nationale (DGGN). << Cette question de la sécurité des espaces numériques est fondamentalement devenue une question de sécurité,une question de société>>, a-t-il dit.
<< La sécurité des espaces numériques est devenue une question de société>>
Avant lui, le ministre fédéral belge de la Justice, Stefaan de Clerck, avait rappelé que la cybercriminalité est <<un phénomène relativement neuf et que le monde virtuel se développe à une vitesse phénoménale>>, ce qui procure << un nouveau terrain pour la criminalité>>, qu’il s’agisse de pédopornographie , d’escroqueries organisées ou d’usurpation d’identité.
Le chiffre d’affaires de la cybercriminalité << surpasse>> désormais celui généré par d’autres délits comme le trafic de drogue, a-t-il noté.
Mais au – delà des frontières entre pays, certains ont souligné la nécessité de s’attaquer à d’autres frontières, celles qui séparent encore les différents univers professionnels concernés par le cybercrime.Le général Gilles a souligné la nécessité << d’associer tous les acteurs>> à cette lutte: les services de sécurité et de la justice, l’université et les entreprises face à cette menace<< qui joue sur l’expansion des mondes numériques>> y introduisant << en permanence de l’insécurité>>. Pour lui, » considérer la sécurité dans le monde numérique et le monde numérique dans la sécurité, voilà sans doute la seule réponse. Une réponse complexe, coûteuse, peut-être, qui suppose à la fois du savoir-faire et de la pratique>>.
Une législation claire
Retenue à Paris, le ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux, s’est exprimé par la bouche du préfet de la région Nord-Pas-de-Calais, Jean-Michel Bérard. À cette occasion , il a été rappelé que 450 enquêteurs spécialisés dans la lutte contre la cybercriminalité ont déja été formés au sein de la police et de la gendarmerie, et qu’il a fixé << à 600 le nombre des personnels formés d’ici 2012>>.
Selon le ministre, une partie de la solution pour lutter contre la cybercriminalité<< passe par une législation claire et adaptée qui définisse les responsabilités de chacun>>. Il a également indiqué qu’il entendait << bloquer les sites et contenus à caractère pédopornographiques>>.
Le gouvernement, a indiqué Brice Hortefeux, n’a pas l’intention<< de restreindre l’accès des citoyens à Internet; cependant, Internet ne peut pas devenir un espace de non-droit>>. Il s’est également déclaré déterminé<< à lutter contre l’usurpation d’identité sur les réseaux de télécommunication>>.
Après la mondialisation des moyens, les 1.500 congressistes venus de 23 pays vont plancher aujourd’hui sur le droit à l’oubli sur le Web, << ultime protection de l’identité numérique>>, mais également sur les jeux d’argent en ligne,<< nouvel eldorado du blanchiment>>.
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